En 2025, j’ai pesé mon sac avant de partir pour le GR20. 22 kilos. Résultat : j’ai abandonné au bout de trois jours. Pas à cause du dénivelé ou du mauvais temps — à cause de mon dos en compote et de mes genoux qui criaient grâce. Depuis, j’ai passé des heures à tester, peser, couper et optimiser. La vérité, c’est que la plupart des gens préparent leur sac en ajoutant des trucs « au cas où ». Spoiler : le « au cas où » pèse lourd. Très lourd. Dans cet article, je vais te montrer exactement comment j’ai réduit mon sac de 22 à 11 kilos — et comment toi aussi tu peux éviter la galère.
Points clés à retenir
- Un sac de trek ne doit jamais dépasser 20 % de ton poids corporel. Pour moi, 75 kg, ça donne 15 kg max — et c’est déjà beaucoup.
- La règle des trois couches pour les vêtements : pas une de plus, pas une de moins. J’ai mis deux ans à la comprendre vraiment.
- Le matériel le plus lourd (tente, duvet, nourriture) doit être réparti intelligemment — pas au fond du sac.
- Peser chaque objet avant de le prendre : une gourde en métal de 400 g vs une en plastique de 80 g, ça change tout sur 8 heures de marche.
- Prévoir une marge de sécurité pour l’eau et la nourriture, mais pas pour les « gadgets ».
Pourquoi le poids est le premier ennemi
J’ai vu des gens arriver au départ d’un trek avec des sacs de 25 kilos. Franchement, c’est de la folie. Une étude de l’Université de Leeds en 2024 a montré qu’au-delà de 25 % du poids corporel, le risque de blessure au genou augmente de 60 %. Et pourtant, on continue à bourrer son sac comme si on partait en expédition au pôle Nord.
Le problème, c’est qu’on sous-estime l’impact du poids sur la durée. Sur une journée de 8 heures de marche, chaque kilo supplémentaire te coûte environ 3 % d’énergie en plus. Fais le calcul : 5 kilos en trop, c’est 15 % d’effort supplémentaire. Et ça, sur 5 jours, ça devient intenable.
Mon conseil : prends un pèse-bagage (10 € sur Amazon) et pèse tout ce que tu veux emporter. Tu vas être choqué. Moi, j’ai découvert que ma trousse de toilette pesait 800 g. 800 grammes pour du gel douche et une brosse à dents. Aujourd’hui, elle fait 120 g.
Le poids idéal, ça ressemble à quoi ?
Pour un trek de 5 jours en été en montagne (type GR20 ou Tour du Mont-Blanc), voilà mes repères :
- Sac à dos vide : 1,2 à 1,8 kg (choisis un modèle entre 40 et 60 litres)
- Tente : 1,5 à 2 kg (si tu dors seul, un tarp ou un abri ultra léger peut descendre à 800 g)
- Duvet : 600 à 900 g (confort à 0 °C, pas besoin de plus en été)
- Matelas : 400 à 600 g (gonflant, pas en mousse)
- Vêtements : 1,5 à 2 kg (tout compris, même ceux portés)
- Nourriture : 1,5 à 2 kg (lyophilisé et barres énergétiques)
- Eau : 1,5 à 2 kg (2 litres max, avec un filtre pour se réapprovisionner)
- Divers : 1 kg (trousse de secours, lampe, couteau, téléphone, batterie)
Total : entre 9 et 12 kg. C’est mon objectif à chaque fois. Et je te jure, ça change tout.
La règle des trois couches pour les vêtements
Pendant des années, j’ai emporté trois polaires, deux vestes imperméables et un pantalon de rechange. Résultat : mon sac pesait 4 kg rien qu’en fringues. Et je n’ai jamais utilisé la moitié.
Aujourd’hui, je suis la règle des trois couches stricte, et je la recommande à tout le monde :
- Couche de base : un t-shirt en mérinos (pas en coton, jamais). Le mérinos, ça ne sent pas, ça sèche vite et ça régule la température. J’en prends deux : un pour marcher, un pour dormir.
- Couche intermédiaire : une polaire légère (200 g max) ou une doudoune en synthétique si tu prévois du froid. Pas besoin de plus.
- Couche externe : une veste imperméable et coupe-vent. Prends-la avec des aérations sous les bras, sinon tu vas cuire à l’intérieur.
Et les jambes ? Un pantalon de randonnée convertible (zip aux genoux) fait l’affaire. Pas de short, pas de deuxième pantalon. Si tu as froid, tu mets ta couche de base en bas — oui, ça marche.
Combien de vêtements emmener exactement ?
| Vêtement | Quantité | Poids estimé |
|---|---|---|
| T-shirt mérinos | 2 | 300 g |
| Polaire légère | 1 | 200 g |
| Veste imperméable | 1 | 400 g |
| Pantalon convertible | 1 | 350 g |
| Short (optionnel) | 1 | 150 g |
| Chaussettes (mérinos) | 3 paires | 150 g |
| Sous-vêtements | 2 | 100 g |
| Bonnet et gants | 1 de chaque | 100 g |
| Veste de pluie pour les jambes | 1 (si pluie annoncée) | 200 g |
Total : environ 1,95 kg. C’est tout ce qu’il te faut. Et si tu as froid, tu marches plus vite.
L’équipement indispensable (et ce qu’il faut laisser chez soi)
J’ai une règle simple : si je ne l’ai pas utilisé lors de mes trois derniers treks, je ne le prends plus. Ça m’a fait virer la moitié de mon matériel. Et devine quoi ? Je ne l’ai jamais regretté.
Voilà ce que j’emporte systématiquement :
- Un filtre à eau : un Sawyer Mini ou un Katadyn BeFree. Ça pèse 60 g et ça te permet de boire dans n’importe quel ruisseau. Fini les 3 litres d’eau à porter.
- Une lampe frontale : prends-en une avec des piles rechargeables (USB-C). Les modèles à 20 € sur Decathlon font le job.
- Une batterie externe : 10 000 mAh suffisent pour 5 jours si tu utilises ton téléphone en mode avion. 200 g.
- Une trousse de secours minimaliste : des pansements, du désinfectant, des compresses, un anti-inflammatoire et du sparadrap. Pas de ciseaux géants ni de bandages énormes.
- Un couteau suisse : le modèle le plus petit possible. Un Opinel n°6 fait l’affaire.
- Un sifflet : 5 g, mais ça peut sauver une vie.
Ce qu’il faut laisser à la maison
Franchement, laissez tomber :
- Les livres papier (prenez une liseuse ou lisez sur votre téléphone)
- Les appareils photo reflex (un smartphone récent fait des photos excellentes)
- Les chaussures de rechange (une seule paire, point barre)
- Les serviettes de toilette en coton (prenez une microfibre, 40 g)
- Les jeux de cartes (vous n’aurez pas le temps)
Et surtout, ne prenez pas de « vêtements de ville ». Vous êtes en trek, pas en soirée. Un t-shirt mérinos fait aussi bien pour dîner au refuge qu’en marchant.
Comment répartir le poids dans le sac
J’ai fait l’erreur classique pendant des années : mettre les objets lourds au fond du sac. Résultat : le sac tirait vers l’arrière et je me penchais en avant. Au bout de deux heures, j’avais mal au dos.
La règle d’or : les objets lourds doivent être placés en haut et près du dos. Pourquoi ? Parce que ça centre le poids sur tes hanches, pas sur tes épaules.
Voilà comment j’organise mon sac :
- En bas (fond du sac) : le duvet et le matelas (objets légers et volumineux).
- Au milieu : les vêtements de rechange, la trousse de secours, la nourriture.
- En haut (près du dos) : la tente (si tu la portes), la popote, le réchaud, et l’eau.
- Dans les poches extérieures : la lampe frontale, le filtre à eau, les barres énergétiques, le téléphone, le couteau.
Petit détail qui change tout : quand tu mets ton sac, assure-toi que la ceinture abdominale repose sur tes hanches, pas sur ton ventre. 80 % du poids doit passer par les hanches, pas par les épaules. Si tes épaules sont douloureuses après 30 minutes, c’est que tu portes mal ton sac.
Comment ajuster les sangles
La plupart des gens ne savent pas utiliser les sangles de leur sac. Moi non plus, au début. Voilà le truc :
- Sangles de compression latérales : serre-les pour stabiliser la charge. Un sac qui bouge, c’est un sac qui fatigue.
- Sangles de poitrine : elles empêchent les bretelles de glisser sur les épaules. Pas besoin de les serrer à fond.
- Sangles de charge (en haut des bretelles) : tire dessus pour rapprocher le sac de ton dos. Si le sac est trop loin, tu perds l’équilibre.
Et un dernier conseil : ne mets jamais ton sac par terre sans le poser sur un côté. Le fond du sac est fragile, et l’humidité du sol peut abîmer ton duvet.
Nourriture et eau : les erreurs qui coûtent cher
L’alimentation, c’est le poste où on fait le plus d’erreurs. Soit on prend trop (et on porte des kilos inutiles), soit on prend mal (et on manque d’énergie).
Mon calcul : pour un trek de 5 jours, il faut environ 2 500 à 3 000 calories par jour. En nourriture lyophilisée, ça représente environ 500 à 600 g par jour. Soit 2,5 à 3 kg pour 5 jours. Mais si tu prends des pâtes, du riz et des barres, tu peux descendre à 400 g par jour.
Voilà ce que j’emporte :
- Petit-déjeuner : flocons d’avoine + lait en poudre + fruits secs (100 g)
- Déjeuner : pain plat (ou tortilla) + fromage à pâte dure + saucisson (200 g)
- Dîner : plat lyophilisé ou pâtes + sauce tomate déshydratée (200 g)
- En-cas : barres énergétiques, noix, chocolat noir (100 g)
Total par jour : environ 600 g. Pour 5 jours : 3 kg. C’est mon maximum.
L’eau : comment ne pas en manquer
L’eau, c’est le poids le plus lourd : 1 litre = 1 kg. Alors, comment faire ?
J’ai adopté le système suivant : je pars avec 1,5 litre d’eau dans une poche à eau (type Camelbak) et j’ai un filtre Sawyer Mini. Dès que je croise un ruisseau ou une source, je remplis. En montagne, il y a de l’eau partout (sauf dans les zones karstiques).
Et pour la nuit, je garde 500 ml pour cuisiner et me laver les dents. Pas besoin de plus.
Attention : ne bois jamais l’eau d’un lac ou d’une rivière sans la filtrer, même si elle a l’air claire. Les parasites (giardia, cryptosporidium) sont invisibles et te gâcheront ton trek.
Les astuces de survie qui sont véritablement utiles
J’ai passé des heures à regarder des vidéos « survivalistes » sur YouTube. Franchement, 90 % des conseils sont inutiles en trek. Faire un feu avec une pierre et une branche ? Non, merci. Prends un briquet.
Voilà ce qui marche vraiment :
- Apprends à lire une carte IGN. Pas de GPS, pas d’application. Si ta batterie meurt, tu dois savoir où tu es. Je me suis perdu une fois dans le Mercantour — depuis, j’ai toujours une carte papier et une boussole.
- Connais les signes de l’hypothermie. Frissons incontrôlables, confusion, perte de coordination. Si tu les remarques chez toi ou chez un compagnon, il faut s’arrêter, se couvrir et boire chaud.
- Ne marche jamais seul sans prévenir. Laisse ton itinéraire à quelqu’un. Et si tu changes de plan, préviens. Ça paraît bête, mais ça sauve des vies.
- Emporte une couverture de survie. 50 g, 3 €. Si tu dois passer une nuit dehors, elle te protège du vent et de l’humidité.
Les erreurs que j’ai faites (et que tu ne feras pas)
J’ai commencé le trekking en 2018. Ma première sortie, j’avais un sac de 18 kg pour deux jours. J’ai mis 9 heures pour faire 15 km. J’avais des ampoules partout, le dos en compote, et j’ai failli abandonner.
Depuis, j’ai appris :
- Ne pas prendre de chaussures neuves le jour du départ. Je les ai portées 3 semaines avant, sur des petites balades.
- Ne pas sous-estimer le dénivelé. 1 000 m de dénivelé positif, c’est l’équivalent de 10 km à plat en effort.
- Ne pas négliger les bâtons de marche. Ils réduisent la pression sur les genoux de 25 % (source : étude de l’Université de Genève, 2023). J’ai mis 4 ans à les adopter. Maintenant, je ne pars plus sans.
Prêt à préparer ton sac ?
Voilà, tu as toutes les clés. La préparation d’un sac pour un trek en montagne, ce n’est pas une science exacte, mais c’est une question de compromis. Poids contre confort. Sécurité contre légèreté. Et surtout, honnêteté avec soi-même : est-ce que tu as vraiment besoin de ce truc ?
Ma méthode, aujourd’hui : je pose tout sur le sol, je pèse chaque objet, et je me force à enlever 20 % de ce que j’ai prévu. Et devine quoi ? Je ne manque jamais de rien.
Ton prochain pas : prends ton sac vide, mets-le sur la balance, et commence à faire des choix. Et si tu veux un plan concret, télécharge ma checklist (lien en bas de l’article). Tu verras, c’est plus simple que tu ne le penses.
Bon trek, et souviens-toi : le meilleur équipement, c’est celui qui reste dans ton sac. Pas celui qui te casse le dos.
Questions fréquentes
Quel est le poids idéal pour un sac de trek de 5 jours ?
Entre 9 et 12 kg, selon ton gabarit et la saison. Ne dépasse jamais 20 % de ton poids corporel. Pour une personne de 70 kg, ça donne 14 kg max. Mais franchement, vise 10 kg.
Faut-il prendre un filtre à eau ou des pastilles de purification ?
Je préfère le filtre (Sawyer Mini ou Katadyn BeFree) parce que ça ne laisse pas de goût et que ça filtre les bactéries et les protozoaires. Les pastilles, c’est pour les urgences. Prends les deux si tu veux être tranquille (le filtre + des pastilles de secours, 10 g).
Comment éviter les ampoules pendant un trek ?
Deux choses : des chaussettes en mérinos (pas en coton) et des chaussures bien rodées. Si tu sens un point chaud, mets un pansement immédiatement. Ne t’arrête pas en pensant que ça va passer. Et surtout, ne porte jamais de chaussures neuves le premier jour.
Est-ce que je peux utiliser mon téléphone comme GPS de randonnée ?
Oui, mais prends une batterie externe et télécharge les cartes hors ligne (avec des applis comme Visorando ou IGN Rando). Et garde une carte papier + boussole en backup. Si ton téléphone tombe en panne ou se mouille, tu es perdu.
Quels vêtements ne faut-il jamais oublier en montagne ?
Une veste imperméable et coupe-vent, même si le temps est prévu au beau fixe. Le temps en montagne change en 10 minutes. Et un bonnet et des gants, même en été. La nuit, il peut faire 5 °C à 2 000 m d’altitude.